1: Au sens réducteur, l'expression "katsugen undo" désigne " l'expérience du lâcher-prise". C'est un sens étroit, étriqué, pratique dans la communication avec autrui mais terriblement réducteur -et qui à ce titre véhicule nombre de malentendus. Toutes les dérives "autour" du "mouvement régénérateur" d'Itsuo Tsuda sont nées du trop d'importance accordé à  ce sens infiniment réducteur, de ce piège du langage dans lequel tombent et retombent sans cesse les partisans des croyances, des préceptes et des pratiques énoncés par Haruchika Noguchi (ce que j’appelle le « noguchisme » ou le « katsugen undo de confort ».

2: Et il y a un sens large, vertigineux, qu"'on peut" traduire par "mouvement de la source","mouvement de la vie" voire "mouvement unitaire de la force des choses (de la nature, de la vie)" ,"mouvement spontané du Vivant", ou encore "mouvement organique spontané universel" ou "mouvement universel spontané" (universel dans le sens: commun à tous les organismes vivants qui constituent ensemble "l'univers" – une autre manière de dire que l'univers et le corps ne font qu'un).

    Ces expressions (très casse-gueules!) ne peuvent être utilisées à la va-vite et demandent toujours  à être largement explicitées pour savoir précisément de quoi l'on parle. Si on prend le temps d'expliqué que cela n'est rien d'étrange, ni d'abstrait, que le mouvement de la vie n'est rien d'autre que le fonctionnement automatique du corps qui a lieu tout le temps, sans arrêt, indépendamment de notre volonté (qui n'est elle-même qu'une des facettes de l'intelligence spontanée de l'organisme) le tout en puisant des exemples concrets dans la vie quotidienne, cela ne prend pas plus de 5 minutes. Le reste n'est qu'une affaire d'expérience et d'exploration personnelles.

 

    Quand on se concentre sur le premier sens en se focalisant sur ces retombées « régénératrices » comme le font les noguchistes  on en vient à "pratiquer" une sorte de "katsugen undo de confort", comme on pourrait s’adonner à une sorte de gymnastique involontaire un peu bizarre mais fort efficace. En se référant sans cesse au cadre noguchiste pour interpréter notre propre expérience et lui donner sens (l’enfermer), on se contente de vérifier grâce à la force de notre foi la validité d'un système de croyance énoncé par Noguchi et consorts.

   Dans le second sens on fait l’expérience d’un katsugen undo exploratoire et radical (le Nisarga Katsugen Undo) dont on ne peut sortir indemne. L’attachement aux  concepts (par définition creux comme tous les concepts)  de « santé » ou de « vie pleine » développé par Noguchi sont rendus à l’indifférence universelle. Lâcher-prise - l’abandon du contrôle du corps-mental- c’est l’acceptation du cours des choses. Pas besoin de lui inventer des finalités et de s’y tenir. Se laisser aller au vertige de l’abandon...

   En définitive, définir le katsugen undo, lui donner un sens, c’est donner un sens à la vie. Et donner un sens à la vie est une activité dangereuse, un acte de foi inutile, pernicieux et mauvais pour la santé !

   Tout ce que je dis sur le katsugen undo n’est que fumisterie,  tout ce que vous comprenez du mouvement de la vie n’est qu’affabulation.

   Le katsugen undo est incompréhensible. La santé est inconnaissable.

   Le corps est sans pourquoi. Le corps est sans parce que.