"Salut,

   Raz-le-bol de l'écriture, j'ai posté ce que j'avais à dire sur Youtube où je m'appelle Animal humain. Vous pouvez si ça vous interpelle commencer par "De l'importance de ne pas être crédible" ou n'importe qu'elle autre vidéo."

   J'ai écrit ce passage en décembre 2014, alors que commençait à peine ma quête don quichottiste de "déconstruction" du noguchisme. (Et seuls les noguchistes -ou du moins les personnes comprenant  le jargon noguchiste- peuvent comprendre ces vidéos je pense). Cette quête a réveiller un tel raz-de-marée de pensées en moi que l'effort d'écriture m'était insupportable tant elle me faisait violence.

   Penser c'est du haut-débit, écrire c'est du bas débit. Ecrire, si ce n'est ralentir sa pensée c'est du moins la filtrer, la tamiser, la ranger, l'ordonner, sélectionner, faire le tri, etc. Bref, l'écriture c'est beaucoup d'effort alors que le parole est bien plus libre -surtout si on cause seul devant son ordinateur comme, en parlant tout à trac, juste en déversant son trop plein d'idées, sans chercher à y mettre de la forme ni se soucier du résultat comme je l'ai fait.

   Et le résultat est édifiant: un barjot! Un doux-dingue qui se cause à lui-même en se filmant... J'avoue que j'ai failli enlever le lien youtube de ce blog tellement c'est peu gratifiant pour ma petite personne... Mais après tout non! Qu'est-ce qui différencie l'acte de se filmer en train de jacter de celui d'écrire? ce n'est qu'un question de degré de retenue. L'effort de tri sélectif dans le flux des pensées ont je parle plus haut est juste plus appuyé pendant l'action d'écrire. Résultat: c'est beaucoup plus facile de passé pour sain d'esprit quand on écrit, mais finalement c'est du pareil au même: je suis seul et je fixe des pensées tout seul dans mon coin sans que personne ne m'est rien demandé!

   Les fous parlent à voix haute, les gens normaux parlent dans leur tête en continu -dans cette dernière catégorie à laquelle je suis censée appartenir certains individus passent un temps conséquent de leur vie à fixer les pensées qui les traversent sur toutes sortes de supports (livres, pièces de théâtre, spectacle, chroniques, radio, télé, internet, etc). Il y en a même qui sont applaudis et payés pour ça! Incroyable folie qu'on ne voit plus tellement elle est ordinaire. 

(au passage je vous conseille cette épisode de l'émission "Les pieds sur terre" sur France culture: ça s'appelle "Vincent, l'entendeur de voix", ça aurait pu s'appeler "Vincent, moi à un cheveu près": http://nouveau.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-vincent-entendeur-de-voix-2015-03-09)

   Et puis surtout, qu’est-ce qui me rattache à ces deux pitres, ce scribouillard qui écrit ces lignes et ce bavard qui s’enregistre parler tellement il s'écoute penser? Si par malheur me vient l’idée saugrenue de me relire ou de me réécouter (ça m'est arivé de me relire, jamais de me réecouter) j’ai toujours l’impression étrange de lire une autre personne. Parfois je m’esbaudis de tant de profondeur, parfois je me dis « mon dieu quel débile ! » comme je le ferai avec n’importe qui d’autre.

   Ces choses que vous lisez ou regardez sont éculées, ce ne sont pour moi que des morceaux de passé, morts et enterrés, totalement décomposés. Personnellement je suis passé à autre chose. Seule votre attention les fait vivre le temps que vous leur accordez.

   Les traces que laissent la vie ne sont pas la vie. La vie, pour moi en ce moment, est sous d'autres cieux. La vie, pour vous, c'est votre attention ici présente; c'est l'attention que vous accordez à ces signes. Mais ces signes sont morts! C'est la vie de votre attention qui donne vie et sens à ces traces. En d'autres termes, ces traces vous leurs donnez vie et sens (votre sens) en leur accordant vore attention. Ce qui se passe quand vous lisez en ce moment, ce que vous vivez, c'est le sens que votre expérience passée donne à cette expérience de lire ces signes auxquels votre attention donne vie, et auquels vous donnez un sens particulier selon l'histoire particulière qui vous relie à ces signes.

   Indépendament de moi. On parle de "droit d'auteur" mais c'est débile: c'est vous l'auteur du sens que vous donner à ces signes. Pour moi, dans mon histoire, vissé à mon expérience, ces signes ont une toute autre signification. Et si je les relis d'ici un quart ils auront encore une nouvelle signification. Ce que j'appelle "moi", un jour,  a déposé ces signes - selon l'histoire que j'entretiens avec chacun de ces signes-lettres-mots - en fonction du sens que cela avait dans l'histoire de ma propre expérience au moment où je j'ai fait. C'est pourquoi je le répète, au moment où vous lisez ces lignes vous êtes seul maître à bord, moi je n'ai absolument rien à voir avec ces signes. Je suis peut-être en train de faire l'amour avec votre femme (ou votre homme, qui sait?) ou d'écrire des signes auxquels on peut faire vouloir dire le contraire de ceux-ci...

Je vous passe les détails mes voilà où me mène ce raisonnement quand je le suis point à point : l’art d’écrire et l’art en général, comme toute activité humaine qui tire sa subsistance de l’attention d’autrui – de sa "re-connaissance" - est un type évolué de mendicité.

   Quand je joue au noircisseur d’écran avec ces signes qu’on appelle des lettres, je me transforme en quémandeur d’attention. Votre attention devient ma raison d’être.

   Littéralement je m’identifie à ces signes en m’en reconnaissant être l’auteur : je n’écris pas, je me dépose sur le papier, je suis écriture. Et plus vous lisez ces lignes, plus il y a de visiteurs et de page lues sur ce blog, plus je me sens rassuré : j’existe. On m’accorde de l’attention : j’existe. Mon art n’est pas vain : j’existe. Ce que je fais à un sens : j’existe. Je ne vis pas vainement, même si en faisant le beau je dis que tout cela est vain : j’existe… L’acte d’écrire est comme une prière adressé au dieu « je suis », et quand je suis lu cette croyance en ce dieu est confortée.

   Peu importe que votre avis me soit favorable ou non, seul compte l’attention portée. Portée non pas à mes écrits, non, mais à moi ; car quoique je dise je me confonds avec mes écrits. (Sinon pourquoi écrire ?). Il y a confusion de ma part, d’abord ; ensuite vous entretenez vous-mêmes ma confusion si vous croyez qu’il y quelqu’un –un auteur- derrière ces écrits.

   Quelque soit votre réaction à mes écrits, vous me flattez, me réconfortez, et m’encouragez à continuer. Comme n’importe quel artiste en goguette, je me nourris de votre attention. L’attention est une force incroyable. Une source vivante de malentendu infini… C’est ridicule mais c’est comme ça, et il ne peut en être autrement.

   Sans votre attention je suis mort. Je n'existe nul part en dehors de votre attention. Ces signes et ces vidéos sont mortes. Vous êtes le seul auteur de ces lignes: votre attention leurs donnent vie et sens. Vous avez un pouvoir de vie et de mort sur des résidus dont je me crois l'auteur.

Donc voilà mes folles vidéos mortes, mes blablateries qui attendent dans leur tombeau, au sein du cimetière Youtube,  votre pouvoir de résurrection: https://www.youtube.com/watch?v=w0xmVOqMIQU  

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   Maintenant voici "l'étrange construction d'une pensée "originale", texte que j'ai écrit début mars après avoir posté quelques nouvelles blablateries: 

   Je vous préviens c'est fouillis, c'est brut, ça par dans tous les sens... mais en ce qui me concerne ce fut un "mal nécessaire comme on dit. Cela m'a permis de construire une hétérodoxie vis-à-vis de "l'expérience katsugen undo". Jusqu' ici il n'existait que ce que j'appelle le "noguchisme" (l'orthodoxie) sur le sujet. Ce blog et mes vidéos on pour seul mérite (s'il en est un:) d'apporter un autre regard, une autre vision des choses, un autre point de vue -tout aussi cohérent et viable (comme est "cohérent et viable" toute croyance tant qu'on y croit...) que le noguchisme mais à mon sens infiniment moins enfermant et contraignant. J'ai essayé de faire la part belle à l'expérience et à l'exploration personnelles sans construire un système de croyance figé et fermé sur lui-même, il me semble que j'y suis parvenu...?

   Parce qu'il n'est pas évident de sortir d'un dogme sans en proposé un autre présupposé "meilleur", de proposer une alternative qui se veut "plus vraie" et "plus réelle". J'espère vraiment ne pas être tombé dans ce piège. Comme je l'ai dit (dans "pourquoi ces vidéos?") je n'ai pas essayé de faire naître un nouveau courant de pensée délibérément, par "pur esprit de provocation" ou pour essayer "d'imposer ma propre vérité" en me présentant comme une sorte de " nouveau messie" comme certains noguchistes "pratiquants" me l'ont gentiment suggéré. Non, faisant l'expérience du katsugen undo dans mon coin et ne rentrant pas dans le moule du noguchisme bien malgré moi , j'ai juste répondu à la nécessité personnelle de "penser par moi-même". C'est à dire que je me suis bricolé une pensée qui rende compte de la variété et de la richesse de mon expérience personnelle; qui manifestement déborde du cadre noguchiste, et rentre de ce fait naturellement -sans que cela soit intentionnelle de ma part- en conflit avec ce cadre.Je m'en rends compte apès coup.

   .En outre j'admets que des attitudes et des propos un peu lestes de ma part laissent facilement entendre -à celui qui ne veut que voir cela en moi- que je ne suis qu'un simple provocateur impertinent. Libre à vous de penser ce que vous voulez de moi et de ce que je raconte. Tout ce que je peut dire, c'est qu'aujourd'hui je suis très content de penser comme je pense! Je ressens comme un soulagement de pouvoir mettre enfin des mots sur ce qui me sépare et m'unit au noguchisme. C'est tout.

   J'avoue que c'est très bizarre, mais j'ai eu besoin de faire ces vidéos et ces textes pour construire ma pensée... vivre est vraiment bizarre.

  TchÖ

Avec connaissance, mais sans connaissance vraie.
Avec but, mais sans but vrai.
Sans technique donc sans pratique. Donc sans pratiquant et sans non-pratiquant, et sans praticien, ni technicien.
Sans enseignement, sans personne enseignante, sans personne enseignée.

En matière de katsugen undo je suis agnostique

: https://www.youtube.com/watch?v=w0xmVOqMIQU