la sagesse innée du corps et l'expérience du "lâcher-prise" (katsugen undo)

18 mars 2015

Plaidoyer pour la "santé automatique"!

        « L’organisme humain est on ne peut plus harmonieux, il est en parfaite harmonie avec le monde qui l’entoure. Mais en voulant imposer l’idée artificielle de « l’harmonie » tel que nous l’imaginons, nous détruisons l’harmonie préexistante qui est déjà à l’œuvre en nous comme partout. » U.G Krishnamurti

   En faisant fi de l'intelligence spontanée du corps l'absurde marché du "Bien-Être" prend le corps humain pour un débile:

    En ces temps de capitalisme féroce la santé est un "pur produit". Le marché du "Bien-être" (ou plutôt le supermarché du moins-pire-être) se porte à merveille. Quête du Bonheur, développement personnel, spiritualité, équilibre psychique, religion, réalisation de soi, le culte de la bonne santé... c'est la grande foire d'empoigne. Avec sa cohorte de psy, de sages, de maîtres spirituels, de coachs et que sais-je encore, c'est à celui qui vendera la meilleur recette, le meilleur mode d'emploi, l'art de vivre le plus naturel...

   Et si tout cela n'était que bouffonnerie?

   Le marché du Bien-Être, aussi disparate et culturellement mondialisé soit-il, repose sur un seul postulat: l'être humain a besoin d'une technique de santé pour aller bien.

   Et si c'était faux?...

   Et si, comme tous les autre animaux, l'animal humain n'avait aucun besoin de faire appel à ces trucs et astuces pour être bien dans sa peau?

   C'est précisément l'objet de ce blog: réhabiliter l'intelligence innée du corps, que je déclare ici officiellement (on s'amuse comme on peut) "source originelle de santé: gratuite, illimitée, n'appartenant à rien ni personne, ne necessitant aucune connaissance, ni compétence, ni aptitude particulière autre que celle d'être, ni le concours de qui que ce soit d'autre que vous-mêmes." 

Posté par matoukiri à 14:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 avril 2014

Le SOMMAIRE du hasard (suivi de "Avertissement")

 

 Bonjour!

   Voici 21 chroniques d’un illustre inconnu qui s’articulent autour de l’intelligence spontanée du corps, de l'expérience du "lâcher-prise" et de l'harmonie naturelle de l'organisme (qui ne sont que des expressions un peu alambiquées pour désigner l'étonnante sagesse spontanée du Vivant –autre expression alambiquée qui ne fait que désigner elle-même la  Nature, c’est à direle mouvement du Tout : la dynamique, la force ou  le cours des choses, ou encore –lorsqu’on en a le sens du raccourci- « Cela »). Je dis "s’articulent autour" parce que justement j'ai rarement le sens du raccourci et que je m’autorise tous les détours : ce n'est pas parce qu'on parle de choses très très sérieuses à nos yeux qu’on n’a pas le droit de s'amuser.  

   Ce sommaire a pour seul but de vous encourager à naviguer d’une chronique à l’autre comme bon vous semble, au gré de ce que les titres vous inspirent –s’ils vous inspirent… Vous pouvez bien sûr vous fier à l’ordre d’apparition, de haut en bas, mais sachez quand même que le « choix » de cet « ordre » a été laissé au hasard (explication dans « l'avertissement qui change tout » en dessous ce sommaire). 

 

SOMMAIRE (en cliquant sur le titre vous allez directement à l'article)

1.   Plaidoyer pour la "santé automatique"!

2.   La "pratique du katsugen undo" expliqué à un enfant de 10 ans (une approche pédagogique)

3.   La consistance de mon corps : l’histoire d’un grumeau dans l’univers

4.   L'Absurdité de ma démarche (ou la vertigineuse question du "point de vue" et du "sens de la vie") 

 4 bis. La pierre d'achoppement de ce blog

5.   Le cimetière Youtube, le pouvoir de résurrection, et l'étrange construction d'une pensée "originale"...

6.   Avertissement (pourquoi j'écris, pourquoi l'anonymat, pourquoi pas)

7.   Les 2 acceptations possibles du terme "Katsugen undo"

8.   Épitaphe d'un blog laissé en friche...

 8bis. "Accepter sa solitude" précédé de "Une alternative à "Sans    connaissance, sans but, sans technique""

9.   Mon « vrai Moi » et ma « nature profonde » je m’en suis fait des moufles…

10  Comment j'ai découvert qu'on pouvait laisser le corps fonctionner en "pilotage automatique" (Katsugen undo)

      Petit plaidoyer pour le « lâcher-prise » et la « santé automatique »

 10bis. L’expérience brute du « lâcher-prise » (katsugen undo), mode d’emploi?

11  Le devoir d’ « être tel qu’on est », d’ « être soi-même », je m’en suis fait des mitaines...  

     Le katsugen undo n’appartient à rien ni personne (résumé très concis de ma critique de l'approche d'Itsuo Tsuda et Haruchika Noguchi)

12 Toute compréhension de la Spontanéité du Vivant (katsugen undo) est fausse

 13 Pourquoi ce blog?

 14 Le corps est sans pourquoi. Le corps est sans parce que.  (suivi de: "à l'écart du noguchisme" et de "histoire d'un pauv' type')

15 Veuillez rendre le Katsugen Undo à qui il appartient!?

16. Le noguchisme expliqué aux non-initiés

17 Pour désenliser le "Katsugen Undo" de l'influence Itsuo Tsuda et Haruchika Noguchi

18 Bien traduire "Katsugen Undo"?

19 Ma profession de foi (tout ce dont il faut se méfier)

20 C’est vrai ce mensonge ? (Qu'en est-il de "ma pensée" ou "mon point de vue"?)

21 Deuxième introduction: à l'écart du "Bonheur"

 

 

AVERTISSEMENT (qui change tout)

    A noter que exceptions faites de ce sommaire et des chroniques "bis" que j’ai placées sciemment, tous les textes ont été jetés à leur place au hasard ! Même l’intro que vous avez peut-être lu avant d’échouer ici, ainsi que le dernier texte qui ressemble -a posteriori- comme deux gouttes d’eau à une conclusion ont reçu le même sort… Hormis ces deux pures coïncidences (doute qui veut !), j’ai respecté scrupuleusement la « logique du hasard » qui se fout manifestement comme d’une guigne d’une chose telle que « ma logique » (mon « épitaphe » par exemple se retrouve en huitième position...) !

   Histoire de casser cette vieille habitude étrange qui consiste à organiser, ordonner sa pensée -à essayer de faire passer sa manière de penser comme étant « logique, raisonnable et rationnelle »-, j’ai laissé le soin au hasard de décider de l’ordre d’apparition de ces textes en procédant à un tirage au sort rigoureusement fantaisiste. Cet « ordre » est donc rigoureusement fantaisiste (ou « aléatoire » comme on dit dans le milieu des gens qui prennent leur fantaisie très au sérieux).

   De ce fait vous ne trouverez ici aucune progression dans « l’ordre » des chroniques vers une soi-disant Vérité de l’auteur : chaque texte étant censé être un peu plus vrai que le précédent, chaque ligne étant une avancée de plus vers  l’éclatant  point de vue fondamentale,  vers l’implacable logique, vers la cohérence profonde et véritable du noircisseur de pages qu’on appelle « l’écrivain »… Non, rien de tel ici.

   Ne cherchez pas. Vous ne trouverez rien de tel que  ma Vérité, ma Raison, mon Point de Vue, ma Logique ou encore ma Cohérence. Vous tomberez uniquement sur des points de vues fluctuants, des cohérences éphémères, des raisons subjectives, des logiques temporaires, bref, vous allez vous trouver nez-à-nez avec mes vérités mensongères qui ne sont rien d'autre que mes certitudes incertaines –voire douteuses.

   Ici tout est vrai et tout est faux en même temps… Comme j’ai écrit chaque ligne avec l’intime conviction  de dire la vérité –ma vérité de l’instant-, chaque texte est vrai par rapport à lui-même. Mais pas plus vrai que ne l’est le texte précédent ou le suivant par rapport à lui-même. Je ne reconnais de vérité ou de cohérence qu’à celles de l’instant. Comme chaque instant est vrai par lui-même et pour lui-même, chaque pensée est juste par elle-même et pour elle-même.

   En dehors du moment précis où j’ai écrit une de ces chroniques, en dehors du contexte et de l’état précis dans lequel j’étais dans ces instants d’écriture, ce texte est « faux ». Ou plutôt, pour être plus exact, il est déplacé, comme à côté de la plaque ; pour la simple raison que ma pensée est passée à autre chose – à d’autres "vérités vraies" par rapport aux instants d’où elles sont pensées. Autrement dit, à peine une chose est « dite » ou « pensée » qu’elle est aussitôt désuète : parce qu’il en est une autre qui s’en vient et chasse l’autre –sans hiérarchie de valeur mais uniquement viable et valable dans l’instant qui l’a vu naître.

   C’est pour cela que quand il me vient l’idée bizarre de me relire, depuis mon point de vue et mon état présents –c’est-à-dire depuis ma vérité de l’instant- le texte que je relis me semble immanquablement être celui d’un étranger, le fait d’un autre. Peu importe ce que j’en pense (que ce ne sont que des blablateries indigestes ou des révélations saisissantes, que ce  ne sont que des tissus de carabistouilles ou des vérités vraies)  je n’arrive jamais à me départir de cette sensation que c’est un autre que moi qui a écrit ces lignes folles.

   C’est pourquoi l’anonymat me sied à ravir et que cette histoire de « droits d’auteur » me semble être une farce !

 

    Qui est l’auteur de ces lignes d’ailleurs ? Ou plutôt, qui est l’auteur du sens de ces lignes (1)? Voilà une heureuse question. Car s’il est évident que c’est cette chose que j’appelle « moi » qui a déposé ces signes noirs -ces « écrits »-  ici, qui est-ce qui donne sens à ces lignes si ce n’est vous le lecteur ?

   Est-ce que vous leur donnez mon sens à ces lignes ? Bien sûr que non, puisque vous n’êtes pas moi : vous êtes vous ! (au cas où vous ne le sachiez pas :). Et c’est votre sens que vous allez donner à ces lignes, nullement le mien. En lisant, c'est vous qui écrivez le sens de ces lignes.

       Présentement c’est l’attention que vous portez à ces traces noires sur cet écran qui leur donne vie et sens –votre sens. Et en dehors de ce sens, elles n’ont aucun sens !

   Bonne sens !… euh, non… Bonne chance !

 

(1) Je vous recommande si ça vous intéresse la lecture d’une courte remarque de Ernst Von Glasersfeld à ce sujet, disponible ici : https://books.google.fr/books?isbn=2760517829 (remarque 2.1, page 304), ou si vous tapez "C'est une illusion de penser qu'il y a de la connaissance dans les manuels scolaires et dans les documents." dans Google vous allez tombez directement sur le passage en question.

 La logique est dans l’œil de celui qui regarde. C'est « le tranchant de l’œil » comme dit joliment Jean-Marc…

                              

 

Posté par matoukiri à 15:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 mars 2014

L'expression la "pratique du katsugen undo" (ou du "mouvement régénérateur") expliqué à un enfant de 10 ans

   Comme dans le milieu du cyclisme on estime qu'on "pratique le vélo", dans le milieu noguchiste il est reconnu qu'on "pratique le mouvement régénérateur"; examinons un instant cette absurdité. 

   Rappelons que ici le terme "katsugen undo" est ici employé dans son acceptation réductrice : il désigne l’expérience brute du « lâcher prise ». C’est-à-dire le fait de lâcher les commandes du corps : de ne plus être maître à bord : de laisser le corps-mental fonctionner en pilotage automatique : de laisser la spontanéité faire. Si ce n'est déjà fait essayez (fermez les yeux, plongez en vous-mêmes et laisser faire... Les pensées vont et viennent, le corps bouge tout seul. Personne ne bouge: ca bouge, ça sent, ça pense. C'est cela "être ni ceci ni cela".), l’organisme se passe très bien de commandant de bord. Il n'y a à proprement  parler "rien à faire" ; c'est à dire -précisément- rien à pratiquer...

 

    La pratique du non-sens

-      Pratiquer le katsugen undo

-      Pratiquer le lâcher-prise

-      Pratiquer une activité involontaire

-      Faire de la spontanéité

-      Faire volontairement une activité involontaire

-      Faire exprès de ne pas faire exprès

Ces expressions sont des non-sens, des contresens, des impossibilités logiques et pratiques.

   On peut écrire cela avec ces mots, mais ces mots là mis dans ce sens là, ça ne fonctionne pas, ça ne veut rien dire. Asémantique.

   Quand une personne pense pour-elle-même qu’elle « pratique le katsugen undo », cette personne estime que ce non-sens est viable dans sa vie, dans son monde –et cela la regarde après tout, pourquoi pas ? Mais si cette personne commence à communiquer autour d’elle en utilisant ce non-sens, n’est-il pas tout à fait logique et normal que ces interlocuteurs lui fassent remarquer que ce qu’elle dit n’a pas de sens (en fonction du sens social des mots qu’elle emploie et qu’elle met en corrélation).

    La situation est analogique avec celle de ma petite fille qui en ce moment apprend à parler. Il y a des bugs dans son langage, alors nous la reprenons afin qu’elle puisse être comprise par le plus grand nombre et pas seulement d’elle-même et de son entourage proche (nous, ça famille qui sait à quoi s’en tenir). Par exemple dès qu’elle voit ce qu’on appelle communément un « vélo » elle le nomme « casque ». Cette chose en question se fout totalement qu’on l’appelle « vélo » ou « casque » ou même "chose" ; mais moi, en tant que père qui connaît le sens conventionnelle qu’on donne à cette chose et aussi en tant qu’individu qui estime que le langage c’est quand même pratique pour communiquer (quand on respecte le sens des mots) je lui dit : « non, ça c’est un vélo ». C’est arbitraire, mais c’est « comme ça » ! Quel père autoritaire je fais !

   Actuellement dans son monde le fait d’appeler un « vélo » un « casque » (malgré nos rappels au sens commun) est tout à fait viable et nous ne lui en tenons pas rigueur. Mais si en grandissant elle continue de s’attacher à ce qui ressemble fort à un contresens, qu’elle commence à propager cette information autour d’elle comme si c’était une vérité indiscutable et qu’elle rameute des gens avec elle pour crier au monde que cette chose qu’on nomme « vélo » est en fait un « casque », alors je commencerai à me faire du souci pour sa santé mentale…

   Je suis le premier à jouer avec les mots et à dire n’importe quoi pour plaisanter. Mais quand il s’agit de communiquer sérieusement, si chacun se met à changer le sens des mots ou (et) à nommer les choses comme il le souhaite, on ne peut plus parler ensemble ni tenter de se comprendre.

   Le truc rigolo c’est que quand on s’intéresse au langage des Noguchistes et des Tsudistes (aux personnes qui s’organisent autour de « la pratique du katsugen undo »), on s’aperçoit vite qu’ils ne font qu’employer non-sens sur non-sens. Toutes leurs pratiques -qui ne sont finalement que des rituels- reposent, sont justifiées par ce qui apparaît comme des contresens flagrants à toute personne qui appelle un « vélo » un « vélo ».

   On se trouve confronté à une communauté de personnes qui ont leur propre langage ; qui si elles ne sont pas d’accord entre elles arrivent du moins à se comprendre en se référant et en utilisant ce langage commun. Ces personnes de cette bulle, de ce monde se rassurent entre elles avec des rites, des codes et des discours (des catéchismes) qui n’ont d’autre réalité que celle de leur croyance commune.. Car c'est la foi qui les rassemble. ( La foi en la bonne parole de leurs papes Noguchi et Tsuda notamment.)  

     « Pratiquer le katsugen undo », « réaliser le cœur du ciel pur », « stage de katsugen undo », « propager le mouvement régénérateur », « groupe de katsugen undo », "système moteur pyramidal/ extra pyramidal", "déclenchement" du katsugen undo, etc... sont autant d'expressions courantes vides de sens qu'ils se répètent comme des prières. Ensuite il y a des « écoles » des « maîtres, des enseignants, de profs, des élèves, des disciples, des pratiquants… »,  etc… etc… Au sein de ces organisations hiérarchisées ce vocabulaire religieux ne choque nullement ces esprits endormis et blindés.

   Pourtant si on examine minutieusement ces discours, si on les prend au mot, alors tout s’écroule, parce que ça ne tient pas debout, ça ne veut rien dire, les fondations sont pourries, c’est bidon… Il n’y a qu’une illusion de sens. Il n’y a que la foi en une compréhension fausse du « katsugen undo ». (Toute compréhension du katsugen undo est fausse d’ailleurs, mais ça c’est une autre histoire...)

    Le pire est quand même que quand vous les mettez face à leurs contradictions ils se ferment comme un religieux orhodoxe se brusque face à l'hérétique. Peu importe la pertinence et l'emploie non déformé du langage seul importe la défense des intérêts et des croyances. Ainsi un "professeur" m'a soutenu que "bien sûr que ça ne se pratique pas vraiment, c'est une pratique sans pratique"... et trois phrases plus tard le revoilà en train de parler de "pratique"... Un autre pratiquant, au bord de la crise de nerf, m'a parlé de "technique de santé sans technique"...

   Devant pas vraiment devant tant d'intelligence sans intelligence, je sens sans sentir que je commence sans vraiment commencer à en perdre sans perte mon latin pas vraiment latin...

   Bon je vous laisse, je vais aller faire un tour de casque!

 

 

 

 

 

Posté par matoukiri à 12:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 septembre 2013

La consistance de mon corps : l’histoire d’un grumeau dans l’univers

 Ce texte était initialement précédé d'un passage qui traitait du thème du "sens de la vie", c'est pourquoi il commence de manière un peu abrupte. Passé le premier paragraphe cette sensation disparaît, c'est pourquoi je l'ai laissé sous cette forme. 

   Ejecté le faux problème du « sens de la vie », cette absurde "quête de sens", me voilà dans une impasse intellectuelle, me voilà au bout du chemin, en nez à nez avec moi-même. Parce qu’il me reste « le problème » de  ma consistance  (de la consistance de mon corps, de mon être, de mon ego, de ma conscience-d’être, de ma sensation-d’être, etc... ou quel que soit le terme utiliser pour désigner ma présence). Et quoi que j’en dise, quelle que soit ma manière d’interpréter ce fait : je suis ; et je n’y peux rien, je n’ai pas le choix. Comme je n’ai pas eu le choix de naître ou non, ni de me réveiller ce matin.

   La question même « pourquoi je suis ? » est absurde car elle porte elle-même sa propre réponse : il faut un « être » pour se poser la question, il faut en premier lieu constater sa présence, reconnaître, ressentir  la connaissance je suis pour que cette connaissance s’interroge sur elle-même. S’il n’y a pas de présence, il y a absence de question. On a jamais vu un nouveau-né s’interroger sur sa raison d’être : il n’a pas encore acquis le moyen de se poser la moindre question. Ce qui veut dire que la question vient de la réponse –et non l’inverse.

   On se pose des réponses, et non des questions. Car c'est avec les réponses qu'on a accumulé depuis notre enfance qu'on est en mesure de se poser des questions. Le langage, les concepts, la faculté de se questionner et de raisonner, cela n'est pas innée, ça s'acquiert, ça s'apprivoise, ça se construit doucement. (J'ai compris ça en essayant de parler phénoménologie avec ma fille de 2 ans.) Si on prend acte de ce fait, on se rend compte qu'on a appris à se poser des questions. Quelles soient dite "profondes", "essentielles", "superficielles" ou "pratiques",c'est exactement la même chose: elles ne tombent pas du ciel. C'est la Culture qui nous à vu naître qui nous a appris à nous poser tel ou tel type de question.

  Cependant de la part du Vivant, de la Nature, il n'y a aucune distinction de valeurs entre les questions jugées "spirituelles, psychologiques, pholosophoques, existentielles, métaphysiques, etc » et « est-ce que tu peux me passer le fil à couper le beurre s’il te plaît ? ». C’est exactement le même instrument qui rentre en jeu : notre faculté à nous questionner à partir des éléments de réponses que l’on possède déjà...

    Ce qui veut dire que toutes les réponses à cette question « pourquoi suis-je ? », que ce soient les réponses scientifiques, spirituelles, psychologiques, religieuses, etc, ne sont que des fables cu turelles auxquelles rien ne m’oblige à adhérer. Pour la simple et bonne raison que toutes les raisons d’être, sans exception, découlent de la conscience je suis. La condition préalable pour qu’une personne donne une explication au « phénomène de la vie »,  au « monde », à « l’univers » ou à « soi-même », est que cette personne soit, qu’elle ressente sa présence, qu’elle ait conscience d’être. L’explication vient dans son second temps. De là à dire que les explications sur la vie sont secondaires et que le primordial est de vivre sans raison vraie ni explication réelle, il n’y a qu’un pas. Franchissons-le !

   Peu importe le moyen utilisé pour arriver à des conclusions explicatives (des calculs savants avec des machines compliquées, un voyage chamanique, une révélation divine, un rêve, une intuition, le raisonnement rationnel, la logique, etc...), cela arrive après l’apparition de la conscience. C’est pourquoi je dis que toute explication de la vie est mythologique. Toute vérité sur la question est un acte de foi. La Vérité, c’est la foi en la Vérité. Hors foi il n’y a ni Vérité ni vrai ; ni Réalité ni réel ; ni Dieu ni prophète ; ni Esprit, ni Inconscient, ni Psyché, ni Transcendance spirituelle d’aucune sorte, ni autorité spirituelle ou psychologique, ni maître, ni guru ; ni Objectivité ni neutralité, ni savoir indiscutable, ni savant indiscuté, ni professeur; ni Couscous, ni garbit, ni saupiquet...

   « Pour du vrai » comme disent les enfants on en sait rien. Cela dépasse notre entendement. « Pourquoi je suis né ? », « pourquoi je me réveille le matin ?» ou encore « être ou ne pas être ? », voilà exactement le genre de questions qu’il est tout à fait inutile de se poser (« To be or not to be ? » that is not the question !). Car toutes les réponses sont possibles. Ne viendront contredire vos propres réponses que ceux qui croient qu’elles savent qu’elles détiennent une réponse plus vraie que la vôtre. Pour du vrai c’est comme on veut. Autrement dit, on s’en fout…

   Qu’est-ce que ça peut me faire d’être né dans un chou ou dans une rose, que je sois issu de la rencontre entre les couilles de mon père et la foufoune de ma mère, que le monde ait été créé en 7 jours par un barbu qui s’ennuyait dans les cieux ou viennent d’une improbable rencontre atomique appelée « Big bang », « Youpitralala pouêt pouêt », ou que sais-je encore ? Je m’en tamponne le coquillard. Cela n’a absolument aucun impact sur mon fonctionnement organique présent. Tout ce que je sais c’est que je suis. Le reste n’est que bavardage.

  

   Je suis né à la conscience, le reste en découle. Tous les matins ma conscience d’être se réveille -simultanément moi et mon monde nous éveillons- tous mes actions et mes expériences de la journée en découlent. L’acte fondateur de mon expérience tout à la fois sensible et mentale, est mon réveil, mon émergence ( on dit bien à celui qui nous saute sur le paletot au saut du lit 'laisse moi le temps d"émerger"). L’éveil de ma conscience-présence-consistance-corps, échappe totalement à mon contrôle et ma volonté. Je suis malgré moi. Je me subis comme je subis le monde qui est le mien -et qui me colle à la peau jusqu'à n'être que l'extension de mon propre corps.

    Alors quoi ? Alors si toute expérience est expérience de la conscience faisant l’expérience d’elle-même, la Vérité hors de mon expérience je m’en tamponne ; je n’énonce que des petites vérités éphémères toute riquiquis. Alors si toute expérience est l’expérience de soi faisant l’expérience de quelque chose, la Réalité en dehors de mon expérience ne me concerne pas ; seule me concerne ma petite réalité tout subjective, quoi que j’en dise...

    Alors mes vérités mensongères et ma réalité hallucinée sont toute ma vie et s’ancrent indéniablement –prennent comme point de départ- ma présence. Tout est inclus dans ma présence. Seule compte ma présence. Seule compte mon expérience directe, ma connaissance et mon savoir qui est viable et effectif exclusivement pour moi. (Si je me détourne de mon expérience et que je commence à décrire comme vraies et indiscutables des choses que je ne peux vérifier par moi-même, des choses que je ne sais pas, je deviens un homme dangereux.)

   Alors seule ma consistance est. Alors je reconnais comme point de départ de toutes mes actions et de mes pensées (c’est-à-dire de mon expérience) la consistance de mon corps, la reconnaissance je suis, ma conscience d’être. Sans elle je ne suis rien. Sans elle il n’y a rien. (C’est irréfutable : je ne peux pas prouver le contraire car précisément sans ma consistance je ne serais pas là pour le dire. Parlez-moi de votre sommeil profond ou de votre vie avant votre premier souvenir, avant votre conscience, et je vous rirai au nez comme un idiot : vous parlez de ce que ne savez pas et ne pouvez savoir !) Et si tout, pour moi, dépend de ma consistance, je reconnais alors que ma vie entière dépend de la consistance de mon corps... Pourquoi ce soucier d'autre chose dès lors?

   Car de la consistance de mon corps à « l’insupportable consistance de mon corps » il n’y a qu’un pas. Car si je suis attentif à ma présence, je me rends compte que plus je suis consistant, c’est-à-dire, plus je ressens mon corps de manière saillante et grossière, plus vivre m’est insupportable. Alors que plus je me sens dilué, fluide, moins je ressens la consistance de mon corps, ou plutôt plus cette consistance est subtile, plus le fait de vivre m’est simple et facile. Je ne dis rien de plus quand je dis que le corps et l’univers ne font qu’un : plus je me supporte plus le (mon) monde est supportable, moins je me supporte moins le (mon) monde est supportable. Moins je suis consistant plus je m’accepte tel que je suis et plus j’accepte le monde tel qu’il est. Plus je suis consistant plus je veux me changer et -par simple extension- changer l'Autre (quelle que soit cette altérité: le "monde", ma femme, ma belle-mère, mes enfants, le "système, les noguchistes, les racistes, les anti-racistes, la violence, la guerre, le capitalisme, mes seins, mon ventre, mon cul, mon chien, etc, etc). Moins on s'accepte soi plus on veut changer l'autre. On accepte l'autre comme on s'accepte soi-même. Et cette "acceptation" n'est pas affaire de volonté ou de bonne résolution, ça a lieu, ou non. 

   Pour illustrer cette histoire de consistance du corps j’utilise la métaphore « du grumeau dans l’univers » : je me sens comme un  grumeau dans l’univers. Et plus je suis dilué, plus il y a harmonie dans l’ensemble, plus la vie coule de source ; plus le grumeau est épais ou grossier plus il y  a guerre (luttes et effort) : plus l’ensemble dysfonctionne.  Plus ma consistance est grossière plus j’ai l’impression d’être une partie isolée, une entité séparée du Tout (séparés des autres, du monde, de la Nature). Plus ma consistance est subtile plus j’ai l’impression de faire partie intégrante d’un Tout, sans distinction de fonctionnement (« individuel », « collectif », « universel »). Plus je me sens inconsistant, plus j’ai l’impression de me fondre dans le mouvement unitaire de la vie, dans le fonctionnement global des choses… Cette manière d’exprimée les choses vient de ma propre expérience.

   Et de ma propre expérience je constate que le lâcher-prise  a une action fluidifiante sur la consistance du corps-conscience. Le katsugen undo, la spontanéité, est la seule chose qui a une influence aussi diluante sur l’insupportable consistance de mon corps. De cela je me rends compte chaque jour. Et cela à une influence énorme sur moi, sur mon monde, sur mon « moi-monde ». Je change, ma manière de vivre mon corps change, ma spontanéité change, mon monde change, il se fluidifie et s’harmonise de lui-même dans l’acceptation de sa spontanéité.

   Dans le même temps mon comportement s’automatise : que ce soit ma manière de faire, de penser ou d’être, cela me semble de plus en plus couler de source, sans heurt. La vie va. Non seulement moi, mais aussi les choses inanimées et les êtres qui m’entourent me semble de plus en plus obéir à cette même source de spontanéité. « Tout est spontané », c’est le constat vers lequel je semble me diriger (1). Je me vois de plus en plus comme une sorte d’automate, de pantin mû -comme son environnement dont il participe à part entière- par l’intelligence spontanée universelle. Le Vivant, vivant  malgré lui, en harmonie.

   Quoi de plus naturel, de plus normal, que l'expérience du lâcher-prise? A mon goût rien.

    Voilà, que dire de plus?, j’en ai déjà beaucoup trop dit. Puisse cela tombé dans l’oubli.

 (1)Ce passage est un passage de science-fiction. Pris d’une subite envolée lyrique, à partir de mon expérience j’en déduis ce vers quoi « je semble me diriger ». A partir de mon passé j’en déduis mon hypothétique futur. A partir de  de ce que je sais j’en déduis ce que je ne sais pas –et ne peut savoir.

   C’est un exercice d’anticipation, de projection pure et simple. Qui ne représente d’autre intérêt que d’illustrer le fait que je suis vivtime de ce que je dénonce : notre faculté à donner un sens à notre vie, à nous projeter dans l’avenir par pur lyrisme. Je le laisse à titre d’exemple de pensée inutile et dangereuse si on ne s'en méfie pas et se met à y croire sérieusement.

    Car notre croyance en une chose telle que « le futur » ne peut qu’être illusion. Comme on ne peut pas connaître le goût d’une pomme avant d’en avoir goûté une, on ne peut avoir une expérience avant d’en avoir l’expérience. Et le futur est par essence cet inexpérimentable ;  et non ce pas encore expérimenté comme nous l’indique notre croyance en l’avenir qui n’est qu’espoir. Rien n’indique avec certitude qu’en commençant à traverser une rue on va parvenir de l’autre côté. Même si jusqu'ici cela nous a toujours réussi, ce n'est en rien une garantie. Rien n’est moins sûr que l’instant suivant. L’après est une fiction, une construction de notre passé, un espoir de continuité.

   Cependant nous aurons beau nous répéter à nous-mêmes mille fois par minute l’adage  « on ne sait pas ce que la vie nous réserve », cela ne changera rien au fait que nous avons manifestement l’illusion de savoir, nous croyons savoir. C’est pourquoi je ne dis pas « je sais que je ne sais pas », mais « je sais que je sais, mais ce savoir est du flan

    Je ne dis pas que mes prédictions sont forcément fausses, qu’elles ne vont pas se réaliser avec certitude. Je dis qu’en l’état de chose je ne peux pas le savoir. Mes projections dans mon avenir (comme celui de parvenir de l'autre côté de la rue)  ne sont pas plus probables qu’elles sont improbables. Comment le savoir ?

   Pour me projeter dans l’avenir j’utilise ce matériel que j’appelle mon expérience, mon passé, ma connaissance : c’est-à-dire que je me sers de ce qui m’est déjà arrivé pour imaginer ce qui ne m’est pas arrivé.  C’est forcément à côté de la plaque ; et je rajoute que c’est même déplacé de ma part de parler de « mon futur ». C’est une insulte faite à la vie et à son imprévisibilité.

   Imaginer « comment je serai  dans l’avenir » est un exercice vain. Me fabriquer une image, me construire une re-présentation de moi future ne vaut pas tripette. On ne peut imaginer que son passé parce que c’est son passé qu’on utilise pour imaginer !

   Le futur n’existe pas en tant que tel –pas réellement, pas véritablement - il n’est qu’une vue du passé. En ce sens le mouvement du temps coule du passé vers le passé. Si le passé à un surnom, c'est "futur", et s'il a un pseudo, c'est "présent". Parce que qu'est-ce qui nous permet de reconnaître une chose telle que "le présent" et de le nommer ainsi? Notre connaissance. Qui n'est par définition n'est que l'accumulation de notre expérience passée. Dans la mesure où on re-connaît le présent il est illico relégué, assimilé au passé -en tant que nouvelle connaissance, que nouveau passé.

   C'est pourquoi le temps, le passé-présent-futur, n'est que l'écoulement du passé vers le passé. Toute expérience n'est jamais que la connaisance "je suis" faisant l'expérience de la re-connaissance "je suis" -sous toutes ses formes. Mais quand le passé n'est pas là, où est la forme? qu'en est-il de la connaissance "je suis"? La question reste en suspens. Car si on y répond c'est le passé qui le fait, notre connaissance. Et une chose ne peut pas répondre à son absence.

   Et soudain je comprends la phrase "la pensée, la conscience est une chose morte". La pensée, la conscience , n'est que le mouvement du passé qui s'entretient, s'enrichit, se nourrit et se continue de lui-même. L'expérience est une chose morte. C'est toujours la même expérience qui se répète, l'expérience de la conscience de soi. Cette chose morte est celle-la même que nous appelons "la vie", "notre vie", "notre existence"... 

Ô vertige quand tu nous tient!! :) :)

 

Posté par matoukiri à 22:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 août 2012

L'Absurdité de ma démarche (ou la vertigineuse question du "point de vue" et du "sens de la vie")



  Dans ces lignes je vais essayer d'annuler tout ce que j'ai dit ou écrit. Je vais essayer d'effacer jusqu'à ces lignes, alors-là même que je les écris. En montrant à quel point "l'homme pensant" est tout à la fois ridicule et dangereux dans la mesure où il accorde de l'importance à ce qu'il pense, j'espère montrer l'absurdité fondamentale de ma démarche. Il n'y a rien de plus risible qu'un homme qui se prend trop au sérieux, et je suis de cette espèce là. Comme vous.
  Attention, accrochez vos neurones, c'est parti!
 
  Exprimer son point de vue c'est périlleux, c'est s'exposer aux autres; c'est à dire s'exposer au autres points de vues. Et comme tout le monde comprend à partir de son propre point de vue, il est très difficile de se faire comprendre en dehors du langage conventionnel très formel (par exemple: passe-moi le sel s'il te plaît, tu as quel âge, comment ça va?, mince, ton chien a mangé mon chat, etc.).
 
  Qu'on le veuille ou non exprimer son point de vue c'est donner son sens de la vie. Le langage à un sens. Les mots ont un sens. Ma pensée utilise ce langage et ces mots pour penser. Donc, déjà, penser c'est faire sens, c'est faire usage du sens du langage, c'est donner du sens.

   Mais ma pensée n'utilise pas le langage de manière neutre et objective comme le ferait un robot. Ma pensée en quelque sorte sculpte le langage à sa manière, lui donne un sens, un angle, qui lui appartient. Si je me rends compte que ma pensée est dépendante de mon expérience, c'est à dire que mon expérience -par définition personnelle et particulière- forge un sens particulier et personnelle de ce langage, je me rends compte du fossé qui sépare inexorablement ma pensée de celles des autres. Autrement dit je suis le seul à penser comme je pense. Car même si je pense avec exactement les même mots et le même langage de mon voisin, je ne pense manifestement pas comme lui; et je ne donne pas forcément la même signification au même mot (il n'y a qu'a entamé une discussion philosophique avec qui que ce soit pour s'en rendre compte). Le langage n'a pas de sens "objectif', "ontologique", c'est à dire qu'il n'a pas de sens en dehors de l'expérience de celui qui l'utilise. C'est pour cela qu'il est si difficile de se faire comprendre (quelle drôle .d'idée!) Parce que tout le monde à l'impression de parler de la même chose, alors que chacun finalement ne fait que parler de sa propre expérience.

   De mon expérience dépend le sens que je donne au mot "corps" par exemple, alors que ça pourrait sembler un sujet sur lequel il est facile de s'entendre, "parce que, m'enfin, on a tous à peu de chose près le même corps". Je propose à ceux qui pensent de cette manière d'interroger les personnes de leur entourage afin qu'elles définissent précisément ce que c'est que le corps et ce qu'il n'est pas, vous allez rire! Personne ne dira exactement la même chose. "Chacun voit midi à sa porte", dit-on.
   Alors quand je parle de ll'intelligence spontanée du corps (katsugen undo) je m'adonne à un exercice extrèmement casse-gueule qui mérite des précisions préalable sur la "question du point de vue".
   
   Que je le veuille ou non quand je parle du fonctionnement automatique du corps (katsugen undo) -comme de tout sujet qui "porte à discussion"- je donne mon sens de la vie, et exclusivement "mon" sens. J'en suis extrèmement conscient. C'est moi qui pense (ou qui est pensé, peu importe), et cette pensée que je dis mienne n'est valable que pour moi, et seulement au moment où je l'exprime. Elle n'engage que moi au moment où je le pense, mais dans un heure peut-être que je penserai autre chose de tout à fait contradictoire avec ce que j'ai exprimé un heure avant. Autrement dit ma pensée n'a pas valeur de vérité, même pas pour moi, à part à l'instant précis où je pense ce que je pense.

   Ceci étant dit, examinons "maintenant" ce que veut dire pour moi "donner un sens à la vie". "Donner un sens" c'est attribuer une fonction, un but, définir une direction, une orientation. Et "la vie" c'est quoi ce truc!? Est-ce une chose, un objet bien délimité avec un début et une fin facilement identifiables, un processus avec des contours facile à définir que je peux percevoir de l'extérieur? Mais si je suis extérieur à "la vie" c'est donc que je ne suis pas "en vie"... suis-je mort alors?.. Et qui a jamais dit "je suis mort"; ne faut-il pas être d'un certaine manière vivant pour exprimer un telle chose?!
   (Les gens qui font parler les morts ne se rendent pas compte des âneries qu'ils profèrent: si les "morts parlent" -comme ils le soutiennent- c'est qu'ils sont vivants d'une certaine manière. Autrement dit faire parler un mort c'est tuer la mort. Car si le morts sont vivants alors la mort n'existe plus. Et si la mort n'existe pas, quel sens cela à de dire "être vivant", si son opposé "être mort" n'a plus lieu d'être..?)
   Bref, tout cela pour dire qu'il est totalement absurde pour un "être vivant", "en vie" de s'interroger sur "le sens de la vie". Si je m'aperçois que la vie n'existe pas en dehors du mot "la vie" -qu'il n'y a rien en soi ni à l'extérieur de soi de tel que "la vie"- que le mot "la vie" est complètement vide en dehors du sens qu'il se donne lui-même, alors je vis tranquille, conformément à mon conditionnement, sans me soucier du "comment vivre" -du sens que moi ou d'autre donne à la vie.
   Et je peux rajouter que l'acte de "donner un sens à la vie" est un acte de foi totalement dénué de sens; parce que s'il existe un telle chose que "la vie", elle se fout totalement du sens qu'on peut lui donner, étant donné que rien ne peut lui être extérieur. Montrez-moi une entité séparée, extérieure et différente de "la vie" et je me prosternerai devant vous pour le restant de mes jours, je serai votre chose... On aura beau vivre une éternité, on entendra jamais -c'est impossible- un mort (un non-vie, un "extérieur" à la vie) donné le sens de la vie (parce que s'il le fait c'est qu'il est "en vie", c'est qu'il est vivant, c'est qu'il est la vie).
   C'est pour cela que tout le monde à tout le temps raison! et ce depuis la nuit des temps jusqu'à la fin des temps... C'est pour cela que tous les points de vues se vérifients eux-memes, que toutes les croyances, les religions, les philosophies, bref que tous les systèmes de pensée quels qu'ils soient (scientifiques, historiques, politiques, matérialistes, spiritualistes, psychomachinchoses, philosophiques, etc...) sont toujours dans le vrai -  depuis leurs propres points de vues...
   Parce tout point de vue est le fait d'un "être vivant" "en vie", c'est à dire est le fait de "la vie" elle-même. Et comme "la vie" est incapable de se contredire elle-même, elle donne raison à tout le monde. C'est pour cela que nous nous contredisons tout le temps... Parce que chacun de nous croit avoir "Le" sens de la vie. Et c'est vrai! C'est indéniable. Mais les problèmes surgissent seulement quand on commence à croire qu'on a "Le" sens de la vie, à l'exclusion d'autrui, Alors que tout le monde -sans exception possible- a "Le" sens de la vie en même temps. Depuis toujours et pour toujours!... Si vous pigez le truc vous allez rire aux éclats qusqu'à la fin de votre vie!!

  Car combien de problèmes viennent du fait qu'on essaie de s'entendre réellement et de se faire comprendre vraiment!??!.. C'est impossible, deux points de vues sont tout au plus compatibles commme l'a si bien dit Glasersfeld.

   Et ignorant cette impossibilité dûe à la reflexivité même - incontournable- de notre conscience, chacun crie sa raison aux autres, milite pour sa petite vérité soi-disant plus objective, plus réelle, plus spirituelle, plus divine, etc, toujours prétendument meilleure que celles des autres. Et voilà les rassemblements idéologiques, religieux, politiques,etc, en marche vers "la Vérité", et voilà les frontières, les barricades, les discours, les armées, les armements, etc, au nom de ma conception de "la Liberté", contre "Toi", "l'Autre": le méchant... Qui se ressemble s'assemble, et si tu me ressemble pas je te casse la gueule!.. Et voilà qu'au nom même de la "tolérance" on ne tolère pas les intolérants; et voilà qu'au nom même de la liberté on impose de force notre liberté à ceux qui n'en veulent pas; et voilà qu'au nom même de l'anti-racisme on est raciste avec les racistes; et voilà qu'au nom de la non-violence on se fait violence pour n'être qu'en apparence moins violent, etc, etc... Tout le monde est dans "le bon camp", dans celui qui défend "la bonne cause", toujours! tout le monde se donne "le beau rôle"  (comme moi -je ne m'exclue pas de ce processus), toujours ! .. Tout ça pour ce maudit "sens" de la vie! Tout ça parce nous on a compris ce que c'est "la Vraie vie"!
   C'est sans fin. C'est le serpent qui se mort la queue.

   Parce que même si je constate qu'il est absurde de donner un sens à la vie, je constate aussi que je ne peux renoncer à le faire dans la mesure où "je pense". La pensée utilise le langage et les mots qui ont un sens. La pensée est sensée. Et je pense...
   (Même la pensée de celui qu'on reconnaît socialement comme un "insensé", un fou, est sensée en ce sens: si sa folie utlise le langage, elle fait sens, elle est sensée. Même si ce sens n'est pas compatible avec le mien et l'idée que je me fais de la "normalité": il est insensé de le dire "insensé", tout ce que je peux dire c'est que "son" sens ne va pas dans "mon" sens...)
    
   Dans la mesure où je ne peux m'empêcher de penser, je donne du sens à tout ce à quoi je pense (à moi, aux autres, au monde, etc). Malgré moi. En effet, si je reconnais que je ne peux m'empêcher de penser délibérément, volontairement, force est de reconnaître que je pense involontairement. Autrement dit, que je le veuille ou non, je donne un sens à la vie.
   Et comme j'ai reconnu plus haut que "donner un sens à la vie est un acte de foi absurde", et que maintenant j'admets que je donne à longueur de pensées un ou des sens à ma vie -malgré moi- force est de m'avouer que je ne suis qu'un croyant démentiel qui s'adresse par ses mots à des pensionnaires involontaires d'un asile sans barrière ni frontière!  

   Si je me rends vraiment compte de cet état de fait, de l'absurdité profonde de la situation dans laquelle je me trouve ici présentement en écrivant ces mots, pourquoi est-ce que je continue?

   Parce que même si je me rends bien compte que "s'accrocher au sens, c'est fou", que le propre de l'homme est l'attachement névrotique à sa propre pensée et que cet attachement est responsable de la plus petite des discordes jusqu'à la guerre la plus mondiale qu'il soit, je n'y peux rien. Je ne peux rien contre mon propre attachement à ma pensée. Je ne peux rien contre moi-même. Je n'est pas le moyen de me dédoubler et de lutter contre mon propre attachement, de l'extérieur. Si je suis attaché, c'est ainsi.
   J'entends déjà les partisans du "détachement", de la "suspension du jugement" et de toutes les techniques qui vendent ce charabia se réveiller de leur torpeur. A peine a-t-on reconnu son attachement qu'il faut tout de suite se précipiter vers son état opposé: le détachement. Et c'est reparti pour un tour, voilà un nouveau sens surfait de ma vie servi sur un plateau. Voilà que je m'attache au détachement, que je "pratique la non-ingérence" dans mes pensées (comme d'autre "pratique" la spontanéité ou le lâcher-prise supposés) sans m'apercevoir de l'irrémédiable non-sens de ma démarche sensée. L'irrémédiable non-sens car le détachement (s'il en est un), la spontanéité, le lâcher-prise sont comme l'oubli, le sommeil, l'innocence, l'authenticité, etc, sont des choses proprement impraticables, qui arrivent ou pas, qui ont lieu ou pas -indépendament de toute technique, pratique, savoir-faire, art ou connaissance de quelque ordre que ce soit.
   Non, il est d'abord urgent de se détacher du détachement et de renoncer au renoncement. Si je me rends compte de l'inanité de mon action dans quelque direction que ce soit, il va de soi que si je m'astreinds à "ne suivre aucun direction" j'ai déjà échoué en présumant que je pouvais réussir... "A l'impossible nul n'est tenu" dit-on, alors pour quoi s'en faire?
   Il n'y a rien à faire. Reconnaître qu'il n'y a aucune direction à suivre c'est accepter de continuer à suivre les directions qu'on suit bêtement. Sans les remettre en cause, sans les discuter, sans s'en inventer d'autres -toujours prétendument meilleures. Car vouloir changer de direction ou vouloir emprunter de nouveaux chemins, c'est encore vouloir sortir de sa situation, c'est encore se fixer de nouveaux buts, donner de nouveaux sens à sa vie; comme s'il y avait des sens plus hauts, plus élévés, plus nobles que d'autres. Non, si l'acte de foi de donner un sens à sa vie est absurde, toutes les aspirations sont à égalité. Il n'y en a pas une pour rattrapper l'autre. Tout ce vaut. Dédié sa vie au détachement "spirituel" ou à la richesse "matériel", c'est kif kif... "Illumination" et "pouvoir", "yogi" et "militaire", "faire la paix" et "faire la guerre", même combat! C'est toujours le même instrument qu'on n'utilise, notre faculté de donner un sens à notre vie, de surajouter un sens à la spontanéité de vivre.
   Ne pas chercher à changer sa vie; même pas changer sa volonter de changer sa vie. Se contenter d'être incurable. Tout "changement" qui est le fait de la force (de la volonté, du contrôle et de la maîtrise de soi) et non de la spotanéité de vaut pas un clou... "Si pour accoucher tu fais un effort de (bonne) volonté alors tu accoucheras dans la douleur." (cette phrase m'a été dite en rêve donc je ne peux dire qui en est l'auteur...).
   Ce n'est que dans le non-sens de mon action, de toutes mes actions (c'est à dire de mon expérience toute entière, et non de seulement une partie au dépend de l'autre jugée moins noble), que mon abandon au "mouvement unitaire de la vie" (katsugen undo), que mon expérience du "lâcher-prise" prend tout son sens. Un sens qui, présicément, n'est plus le mien. Parce que lâcher-prise véritablement c'est abandonner son sens de la vie à la vie qui précède le sens, au mouvement organique de la vie qui précède la pensée. Le fonctionnement automatique du corps a lieu en dépit du sens qu'on lui donne. Quel que soit ce maudit sens, il s'en fout de toutes ses forces. Le corps est sans pourquoi. Le corps est sans parce que.
   La pensée échoue à dire la raison de vivre du corps comme elle échoue à dire le sens "véritable"(sic! quelle horreur ce mot!) de la vie. Parce la vie du corps sans besoin de raison est la seule raison de vivre.

   Voici ici ma vérité à deux balles toute nue, mon credo tout riquiqui , qui n'est et ne restera à jamais qu'un minable point de vue parmi tant d'autres. Une goutte d'eau dans l'océan en somme.
   Dans la mesure où l'attachement au sens de sa pensée est la folie même de l'humain, tout le bien que vous pouvez me faire -et vous faire au passage- est de n'accorder strictement aucune importance à ce point de vue qui est "le mien". Cette dernière suggestion n'est encore qu'un point de vue qui à ce titre ne mérite pas dêtre pris à la lettre, ni au sérieux. Cette suggestion qui n'est encor... 

   Et n'oubliez pas: tout ce que vous pensez de mon point de vue est infaillible - de votre point de vue...

   
 
Bonne Chance!

Posté par matoukiri à 14:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 avril 2012

La pierre d'achoppement de ce blog

 

Voilà la phrase qui vient chambouler tout ce que je viens d’écrire, qui vient réduire à néant la validité de ce blog :

« Il n’y a pas de vérité avant-dernière » (phrase qui m’est venu en rêve ; à qui dois-je reverser les droits d’auteur…) Autrement dit : il n’y a pas de certitude absolue tant qu’on n’est pas absolument sûr, tant qu’on ne vit pas dans un état d’absolue certitude.

   Et je ne suis pas « absolument sûr » de tout ce que je viens d’écrire. Ce qui relègue mon travail d’écriture au rang d’un  pur et simple étalage chronique de certitudes douteuses.

   Aussi logiques ou implacables mes vérités puissent-elles paraître (à moi ou lecteur naïf), elles ne sont absolument pas sûres. Simplement parce que je ne vis pas dans un état de certitude absolue.

   Tant que je ne suis pas absolument pas sûr, rien n’est sûr. Surtout pas « moi ».

NB : Ce texte présume qu’il est possible de vivre en état de « certitude absolue ». Oui, je l’avoue, j’y crois dur comme fer. J’y crois autant que je suis convaincu que mon chat est autant sujet au doute que mon ordinateur ou qu’un rouleau de sopalin. Cette conviction ne date pas d’aujourd’hui car j’ai toujours regardé les animaux, les pierres, les arbres, les insectes avec une certaine envie. Aujourd’hui je me mets à jalouser même les objets dit « inanimés » comme les voitures, les stylos ou les godemichets.

   Vous voyez bien que c’est peine perdue d’essayer de parler –d’essayer de tenir un discours raisonnable- face à une personne aussi irrationnelle que moi.

   Et moi, il est temps que j’arrête d’essayer de me donner une contenance d’homme raisonnable voire rationnel, en essayant de justifier mon comportement et mes croyances de manière logique et raisonnable. C’est peine perdue.

 « Tranchez directement à la racine ! A quoi bon questionner les feuilles et les branches ? » Dans ce blog, comme dans tout livre, vous ne trouverez que des feuilles mortes étalées sur le sol.

 

Posté par matoukiri à 10:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 avril 2011

Le cimetière Youtube, le pouvoir de résurrection, et l'étrange construction d'une pensée "originale"...

"Salut,

   Raz-le-bol de l'écriture, j'ai posté ce que j'avais à dire sur Youtube où je m'appelle Animal humain. Vous pouvez si ça vous interpelle commencer par "De l'importance de ne pas être crédible" ou n'importe qu'elle autre vidéo."

   J'ai écrit ce passage en décembre 2014, alors que commençait à peine ma quête don quichottiste de "déconstruction" du noguchisme. (Et seuls les noguchistes -ou du moins les personnes comprenant  le jargon noguchiste- peuvent comprendre ces vidéos je pense). Cette quête a réveiller un tel raz-de-marée de pensées en moi que l'effort d'écriture m'était insupportable tant elle me faisait violence.

   Penser c'est du haut-débit, écrire c'est du bas débit. Ecrire, si ce n'est ralentir sa pensée c'est du moins la filtrer, la tamiser, la ranger, l'ordonner, sélectionner, faire le tri, etc. Bref, l'écriture c'est beaucoup d'effort alors que le parole est bien plus libre -surtout si on cause seul devant son ordinateur comme, en parlant tout à trac, juste en déversant son trop plein d'idées, sans chercher à y mettre de la forme ni se soucier du résultat comme je l'ai fait.

   Et le résultat est édifiant: un barjot! Un doux-dingue qui se cause à lui-même en se filmant... J'avoue que j'ai failli enlever le lien youtube de ce blog tellement c'est peu gratifiant pour ma petite personne... Mais après tout non! Qu'est-ce qui différencie l'acte de se filmer en train de jacter de celui d'écrire? ce n'est qu'un question de degré de retenue. L'effort de tri sélectif dans le flux des pensées ont je parle plus haut est juste plus appuyé pendant l'action d'écrire. Résultat: c'est beaucoup plus facile de passé pour sain d'esprit quand on écrit, mais finalement c'est du pareil au même: je suis seul et je fixe des pensées tout seul dans mon coin sans que personne ne m'est rien demandé!

   Les fous parlent à voix haute, les gens normaux parlent dans leur tête en continu -dans cette dernière catégorie à laquelle je suis censée appartenir certains individus passent un temps conséquent de leur vie à fixer les pensées qui les traversent sur toutes sortes de supports (livres, pièces de théâtre, spectacle, chroniques, radio, télé, internet, etc). Il y en a même qui sont applaudis et payés pour ça! Incroyable folie qu'on ne voit plus tellement elle est ordinaire. 

(au passage je vous conseille cette épisode de l'émission "Les pieds sur terre" sur France culture: ça s'appelle "Vincent, l'entendeur de voix", ça aurait pu s'appeler "Vincent, moi à un cheveu près": http://nouveau.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-vincent-entendeur-de-voix-2015-03-09)

   Et puis surtout, qu’est-ce qui me rattache à ces deux pitres, ce scribouillard qui écrit ces lignes et ce bavard qui s’enregistre parler tellement il s'écoute penser? Si par malheur me vient l’idée saugrenue de me relire ou de me réécouter (ça m'est arivé de me relire, jamais de me réecouter) j’ai toujours l’impression étrange de lire une autre personne. Parfois je m’esbaudis de tant de profondeur, parfois je me dis « mon dieu quel débile ! » comme je le ferai avec n’importe qui d’autre.

   Ces choses que vous lisez ou regardez sont éculées, ce ne sont pour moi que des morceaux de passé, morts et enterrés, totalement décomposés. Personnellement je suis passé à autre chose. Seule votre attention les fait vivre le temps que vous leur accordez.

   Les traces que laissent la vie ne sont pas la vie. La vie, pour moi en ce moment, est sous d'autres cieux. La vie, pour vous, c'est votre attention ici présente; c'est l'attention que vous accordez à ces signes. Mais ces signes sont morts! C'est la vie de votre attention qui donne vie et sens à ces traces. En d'autres termes, ces traces vous leurs donnez vie et sens (votre sens) en leur accordant vore attention. Ce qui se passe quand vous lisez en ce moment, ce que vous vivez, c'est le sens que votre expérience passée donne à cette expérience de lire ces signes auxquels votre attention donne vie, et auquels vous donnez un sens particulier selon l'histoire particulière qui vous relie à ces signes.

   Indépendament de moi. On parle de "droit d'auteur" mais c'est débile: c'est vous l'auteur du sens que vous donner à ces signes. Pour moi, dans mon histoire, vissé à mon expérience, ces signes ont une toute autre signification. Et si je les relis d'ici un quart ils auront encore une nouvelle signification. Ce que j'appelle "moi", un jour,  a déposé ces signes - selon l'histoire que j'entretiens avec chacun de ces signes-lettres-mots - en fonction du sens que cela avait dans l'histoire de ma propre expérience au moment où je j'ai fait. C'est pourquoi je le répète, au moment où vous lisez ces lignes vous êtes seul maître à bord, moi je n'ai absolument rien à voir avec ces signes. Je suis peut-être en train de faire l'amour avec votre femme (ou votre homme, qui sait?) ou d'écrire des signes auxquels on peut faire vouloir dire le contraire de ceux-ci...

Je vous passe les détails mes voilà où me mène ce raisonnement quand je le suis point à point : l’art d’écrire et l’art en général, comme toute activité humaine qui tire sa subsistance de l’attention d’autrui – de sa "re-connaissance" - est un type évolué de mendicité.

   Quand je joue au noircisseur d’écran avec ces signes qu’on appelle des lettres, je me transforme en quémandeur d’attention. Votre attention devient ma raison d’être.

   Littéralement je m’identifie à ces signes en m’en reconnaissant être l’auteur : je n’écris pas, je me dépose sur le papier, je suis écriture. Et plus vous lisez ces lignes, plus il y a de visiteurs et de page lues sur ce blog, plus je me sens rassuré : j’existe. On m’accorde de l’attention : j’existe. Mon art n’est pas vain : j’existe. Ce que je fais à un sens : j’existe. Je ne vis pas vainement, même si en faisant le beau je dis que tout cela est vain : j’existe… L’acte d’écrire est comme une prière adressé au dieu « je suis », et quand je suis lu cette croyance en ce dieu est confortée.

   Peu importe que votre avis me soit favorable ou non, seul compte l’attention portée. Portée non pas à mes écrits, non, mais à moi ; car quoique je dise je me confonds avec mes écrits. (Sinon pourquoi écrire ?). Il y a confusion de ma part, d’abord ; ensuite vous entretenez vous-mêmes ma confusion si vous croyez qu’il y quelqu’un –un auteur- derrière ces écrits.

   Quelque soit votre réaction à mes écrits, vous me flattez, me réconfortez, et m’encouragez à continuer. Comme n’importe quel artiste en goguette, je me nourris de votre attention. L’attention est une force incroyable. Une source vivante de malentendu infini… C’est ridicule mais c’est comme ça, et il ne peut en être autrement.

   Sans votre attention je suis mort. Je n'existe nul part en dehors de votre attention. Ces signes et ces vidéos sont mortes. Vous êtes le seul auteur de ces lignes: votre attention leurs donnent vie et sens. Vous avez un pouvoir de vie et de mort sur des résidus dont je me crois l'auteur.

Donc voilà mes folles vidéos mortes, mes blablateries qui attendent dans leur tombeau, au sein du cimetière Youtube,  votre pouvoir de résurrection: https://www.youtube.com/watch?v=w0xmVOqMIQU  

 ___________________

   Maintenant voici "l'étrange construction d'une pensée "originale", texte que j'ai écrit début mars après avoir posté quelques nouvelles blablateries: 

   Je vous préviens c'est fouillis, c'est brut, ça par dans tous les sens... mais en ce qui me concerne ce fut un "mal nécessaire comme on dit. Cela m'a permis de construire une hétérodoxie vis-à-vis de "l'expérience katsugen undo". Jusqu' ici il n'existait que ce que j'appelle le "noguchisme" (l'orthodoxie) sur le sujet. Ce blog et mes vidéos on pour seul mérite (s'il en est un:) d'apporter un autre regard, une autre vision des choses, un autre point de vue -tout aussi cohérent et viable (comme est "cohérent et viable" toute croyance tant qu'on y croit...) que le noguchisme mais à mon sens infiniment moins enfermant et contraignant. J'ai essayé de faire la part belle à l'expérience et à l'exploration personnelles sans construire un système de croyance figé et fermé sur lui-même, il me semble que j'y suis parvenu...?

   Parce qu'il n'est pas évident de sortir d'un dogme sans en proposé un autre présupposé "meilleur", de proposer une alternative qui se veut "plus vraie" et "plus réelle". J'espère vraiment ne pas être tombé dans ce piège. Comme je l'ai dit (dans "pourquoi ces vidéos?") je n'ai pas essayé de faire naître un nouveau courant de pensée délibérément, par "pur esprit de provocation" ou pour essayer "d'imposer ma propre vérité" en me présentant comme une sorte de " nouveau messie" comme certains noguchistes "pratiquants" me l'ont gentiment suggéré. Non, faisant l'expérience du katsugen undo dans mon coin et ne rentrant pas dans le moule du noguchisme bien malgré moi , j'ai juste répondu à la nécessité personnelle de "penser par moi-même". C'est à dire que je me suis bricolé une pensée qui rende compte de la variété et de la richesse de mon expérience personnelle; qui manifestement déborde du cadre noguchiste, et rentre de ce fait naturellement -sans que cela soit intentionnelle de ma part- en conflit avec ce cadre.Je m'en rends compte apès coup.

   .En outre j'admets que des attitudes et des propos un peu lestes de ma part laissent facilement entendre -à celui qui ne veut que voir cela en moi- que je ne suis qu'un simple provocateur impertinent. Libre à vous de penser ce que vous voulez de moi et de ce que je raconte. Tout ce que je peut dire, c'est qu'aujourd'hui je suis très content de penser comme je pense! Je ressens comme un soulagement de pouvoir mettre enfin des mots sur ce qui me sépare et m'unit au noguchisme. C'est tout.

   J'avoue que c'est très bizarre, mais j'ai eu besoin de faire ces vidéos et ces textes pour construire ma pensée... vivre est vraiment bizarre.

  TchÖ

Avec connaissance, mais sans connaissance vraie.
Avec but, mais sans but vrai.
Sans technique donc sans pratique. Donc sans pratiquant et sans non-pratiquant, et sans praticien, ni technicien.
Sans enseignement, sans personne enseignante, sans personne enseignée.

En matière de katsugen undo je suis agnostique

: https://www.youtube.com/watch?v=w0xmVOqMIQU

Posté par matoukiri à 14:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 janvier 2011

Avertissement (pourquoi j'écris, pourquoi l'anonymat, pourquoi pas)

 

Pourquoi j'écris, pourquoi je parle?

 

   Parce que je n'ai pas le choix.

   J'ai essayé: il m'en coûte plus de ne pas écrire ces pensées que de ne pas les écrire. Alors j'écris. Sinon ces pensés m'envahissent et ne me laissent pas tranquille. Alors que quand je les couche sur le papier et que je les fais paraître, elles me quittent et je passe à autre chose facilement. Je préfère me soumettre et ne pas lutter, jouer au scribe de ces pensées. C'est une question d'hygiène personnelle. Rien de plus.

   Vous ne trouverez ici aucun message d'espoir pour l'humanité, aucune volonté de "sauver" qui que ce soit de quoi que ce soit, ni même la velléité "d'aider mon prochain" - il y a déjà assez à faire avec moi-même, avec moi-m'aime-moi, c'est à dire avec mon "amour propre", mon amour d'être.

   C'est pour cela que je préfère rester anonyme et ne pas m'exposer (j'ai essayé, c'est chiant: ça ralenti) aux commentaires : ces pensées sont des déchets. Rien de plus. Je ne ne veux pas m'en faire le porte-voix plus longtemps. Mon souci n'est pas de les entretenir et de crier au monde à quel point elle sont vraies, belles et nobles. Non. Ce sont des excréments. Je m'en débarasse.

   Ces écrits et ces vidéos ne sont que des coups de nerfs, des lubies passagères et dénuées d'importance. J'écris et je fais des vidéos (des court-métrages de fiction) depuis longtemps, donc cela m'a paru tout à fait naturel dans mon histoire d'utiliser ces moyens d'expression pour expulser ce que j'avais à éjecter. C'est tout. Rien que de veilles habitudes qui ne veulent pas mourir, comme des sortes de tics convulsifs conditionnés qui prennent la forme de ritournelles plus ou moins fumeuses...

   Si ces vidéos et ces écrits avaient été un livre je vous aurais conseillé d'en faire du papier toilettes. Mais comme c'est du numérique, je ne sais pas quoi vous dire, c'est pas évident de faire ça avec un ordinateur, les touches ça gratte et c'est froid...

   Ce blog est une trace sur un chemin, une empreinte ou une crotte laissé par un animal humain. Si cela peut servir (selon lui) à mon prochain, tant mieux, sinon, tant pis.

                                    Puisse cela tombé dans l'oubli

 

 

 

 

Posté par matoukiri à 15:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 avril 2010

Les 2 acceptations possibles du terme "Katsugen undo"

1: Au sens réducteur, l'expression "katsugen undo" désigne " l'expérience du lâcher-prise". C'est un sens étroit, étriqué, pratique dans la communication avec autrui mais terriblement réducteur -et qui à ce titre véhicule nombre de malentendus. Toutes les dérives "autour" du "mouvement régénérateur" d'Itsuo Tsuda sont nées du trop d'importance accordé à  ce sens infiniment réducteur, de ce piège du langage dans lequel tombent et retombent sans cesse les partisans des croyances, des préceptes et des pratiques énoncés par Haruchika Noguchi (ce que j’appelle le « noguchisme » ou le « katsugen undo de confort ».

2: Et il y a un sens large, vertigineux, qu"'on peut" traduire par "mouvement de la source","mouvement de la vie" voire "mouvement unitaire de la force des choses (de la nature, de la vie)" ,"mouvement spontané du Vivant", ou encore "mouvement organique spontané universel" ou "mouvement universel spontané" (universel dans le sens: commun à tous les organismes vivants qui constituent ensemble "l'univers" – une autre manière de dire que l'univers et le corps ne font qu'un).

    Ces expressions (très casse-gueules!) ne peuvent être utilisées à la va-vite et demandent toujours  à être largement explicitées pour savoir précisément de quoi l'on parle. Si on prend le temps d'expliqué que cela n'est rien d'étrange, ni d'abstrait, que le mouvement de la vie n'est rien d'autre que le fonctionnement automatique du corps qui a lieu tout le temps, sans arrêt, indépendamment de notre volonté (qui n'est elle-même qu'une des facettes de l'intelligence spontanée de l'organisme) le tout en puisant des exemples concrets dans la vie quotidienne, cela ne prend pas plus de 5 minutes. Le reste n'est qu'une affaire d'expérience et d'exploration personnelles.

 

    Quand on se concentre sur le premier sens en se focalisant sur ces retombées « régénératrices » comme le font les noguchistes  on en vient à "pratiquer" une sorte de "katsugen undo de confort", comme on pourrait s’adonner à une sorte de gymnastique involontaire un peu bizarre mais fort efficace. En se référant sans cesse au cadre noguchiste pour interpréter notre propre expérience et lui donner sens (l’enfermer), on se contente de vérifier grâce à la force de notre foi la validité d'un système de croyance énoncé par Noguchi et consorts.

   Dans le second sens on fait l’expérience d’un katsugen undo exploratoire et radical (le Nisarga Katsugen Undo) dont on ne peut sortir indemne. L’attachement aux  concepts (par définition creux comme tous les concepts)  de « santé » ou de « vie pleine » développé par Noguchi sont rendus à l’indifférence universelle. Lâcher-prise - l’abandon du contrôle du corps-mental- c’est l’acceptation du cours des choses. Pas besoin de lui inventer des finalités et de s’y tenir. Se laisser aller au vertige de l’abandon...

   En définitive, définir le katsugen undo, lui donner un sens, c’est donner un sens à la vie. Et donner un sens à la vie est une activité dangereuse, un acte de foi inutile, pernicieux et mauvais pour la santé !

   Tout ce que je dis sur le katsugen undo n’est que fumisterie,  tout ce que vous comprenez du mouvement de la vie n’est qu’affabulation.

   Le katsugen undo est incompréhensible. La santé est inconnaissable.

   Le corps est sans pourquoi. Le corps est sans parce que.

Posté par matoukiri à 11:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 décembre 2009

épitaphe d'un blog laissé en friche...

 

 

   Après un calcul savant dont je ne révèlerai jamais le secret si ce n'est contre un carré de chocolat j'en suis arrivé à cet étonnant résultat: entre l'instant où je fixe ces mots (où j'immortalise ce qu'on appelle "mon point de vue") et celui où vous les lisez j'ai changé 14 666 373 x 10 puissance 6 fois d'avis...

   L'écrit et la vidéo figent. La pensée est mouvement, flux de pensées. Ecrire ou se filmer en train de parler dans l'illusion d'exprimer quelque chose comme "sa pensée" ou "son point de vue" est une bêtise sans nom -il n'y a rien de tels que "ma pensée" ou "mon point de vue", come si je pensais depuis un centre fixe, depuis un point de référence immuable. C'est comme quand vous prenez en photo des nuages. Vos photos n'expriment rien de la dynamique mouvante des nuages. Une photo est un instantané, c'est à dire qu'il n'est valable que l'espace d'un 'instant. C'est exactement pareil pour mes déjections écrites et filmées.

     Tout ce que je peux dire c'est qu'un jour, à un moment précis, dans le contexte qui était le mien à cet instant, j'ai pensé ce que j'ai dit ou écris. Ce moment est passé: ces pensées, ces textes, ces vidéos sont passées en désuétude. Et rien n'indique que je pense encore ce que vous lisez sur le sujet traité au moment où vous le lisez. Il faudrait me poser la question en ma présence pour le savoir.

    Je pourrais passé ma vie à perdre mon temps à entretenir ce blog censé refléter quelque chose comme "ma pensée". Chaque jour je pourrais le peaufiner, l'améliorer, le préciser, le corriger, l'expliciter, etc... Autant courir après son ombre, jamais je ne pourrais attraper une chose comme "ma pensée", caprturer un truc comme "mon point de vue", ça bouge tout le temps. Certes j'ai des ritournelles, des refrains, des credos récurrents, mais ce ne sont que des armes conceptuelles que je me suis construit pour fonctionner à ma manière dans ce monde qui m'a construit lui-même. Ce qui ressemble à "ma pensée" n'est qu'une sorte de sphère de pensées en mouvement qui me viennent au gré des situations pour appuyer mon comportement.

   En définitive "ma pensée" n'est qu'une arme d'autojustification massive! Ma "force de l'Ordre", de ma pseudo-harmonie. "Mes" pensées sont mes gardiens de la Paix, de mon pseudo-bien-être (de mon moins-pire-être). La force de mes pensées me permet de justifier mon comportement en ce monde vis-à-vis des autres. C'est une sorte de carapace qui me permet d'être comme je suis. Chacune des mes expériences est justifiée par ma pensée. J'ai le droit d'être comme je suis parce que je pense comme cela. Ma pensée valide mon être; parce que ma pensée est valide aux yeux des autres. Ma pensée me protège mais en même temps m'enferme. Car c'est un exercice de complaisance. Je pense donc je suis auto-complaisant.

   Bref, vouloir piéger ses pensées c'est se prendre aux pièges de sa pensée. Autant les laisser faire leur manège sans chercher à les fixer. Entretenir ce blog ce serait exactement comme entretenir un tombe, c'est à dire entretenir le souvenir d'une chose définitivement passée et dépassée. Je préfère le laisser en friche dans l'éclat de toute son imperfection et finir par cette épitaphe:

                                                                             "Paix à son âne!!"    

    La vie est un poisson d'avril.        hihan!hihan!hihan!

 

 

 

Posté par matoukiri à 13:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]